Mon quotidien de freelance #1 : mais pourquoi ?

Devenir pigiste, freelance, ce n’est pas une décision facile… Il faut tout de même une bonne dose de courage pour partir de zéro, se jeter dans la gueule du loup, dans l’inconnu, avec pour seule arme son crayon et ses propositions. En tout cas, c’est ce que je me dis maintenant, après 3 années passées en freelance. Ces trois années ont été les plus constructives et les plus difficiles à la fois. L’un ne va pas sans l’autre il paraît… Un changement de vie, de cap, un franchissement d’une péninsule où on doit avoir du nez pour ne pas se faire manger, ou tout simplement faire du sur-place… et couler. A pic, car qui dit freelance, dit solitude, forcément. On est son propre capitaine à bord, et chaque vague, tempête ou temps calme se navigue seule au gouvernail, qui tourne au gré des volontés des multiples rédacteurs en chef avec qui on travaille, et les imprévus de la vie quotidienne, surtout lorsque l’on est maman… Travailler chez soi, c’est un confort, clairement, mais cela peut vite virer au repli sur soi. J’aborderais cette question dans un autre article…

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Faire un article sur mon quotidien de journaliste freelance, j’y avais pensé, mais je m’étais dit que cela n’intéressait peut-être pas… Et puis lorsque j’ai demandé sur Facebook, quels seraient les sujets qui vous plairaient, quelques unes ont émis ce souhait. Alors j’ai dis “banco”.

Je ne pouvais pas vous parler de mon quotidien sans parler de mon histoire. Mais pourquoi je suis freelance ? J’ai tout entendu… “Tu t’es fait lourdée par ton employeur, du coup t’as pas le choix ?”, “Tu te lances parce que tu as déjà des pistes non ?”, “Mais t’es au chômage en fait ?” ou bien encore la phrase qui revient encore régulièrement : “Tu travailles cette semaine ?” Genre je prends des vacances quand je veux… Cette petite plaisanterie que l’on appelle la pige est un passe-temps dans l’esprit de beaucoup de gens. Mais c’est un vrai métier. Qu’on soit journaliste, graphiste ou photographe. Ou même blogueuse.

Pourquoi je suis devenue freelance ?

La vie se dessine de manière parfois imprévue. Tu es en CDI, mariée, un enfant, d’ailleurs tu es en congé maternité. Et puis pouf. Une mutation tombe. Mais pas pour toi. Juste pour ton mari. Du coup tu improvises, et tu te jettes sur l’occasion pour te lancer dans ce vieux fantasme du pigiste qui vit ses rêves et choisit ses sujets de prédilection. Pour moi, je pense que vous l’aurez saisi si vous suivez mon blog, ce sera la cuisine, la gastronomie, l’art de vivre dans sa plus grande palette. Des sujets qui m’éclatent, qui me passionnent et qui me construisent, aussi.

Mes débuts en tant que freelance

Alors oui, au début, j’ai été au chômage. J’en ai profité pour élever mon fils, être présente, ne rien louper pendant toute une année. C’était bien, et c’était long – et épuisant #teamhiboux – à la fois. Je n’avais qu’une envie : retourner “sur le terrain” comme on dit. Rencontrer des gens, parler, écrire…

Pour commencer, j’ai fait une chose très simple. J’ai recontacté le magazine avec lequel j’avais travaillé quelques années auparavant. J’ai eu du nez. Dans les jours qui suivent, le rédacteur en chef m’appelle et je décroche la majeure partie de la rédaction d’un hors-série sur les hôtels de charme et les maisons d’hôtes de la région. TOP ! Inutile de vous dire que j’étais alors la plus heureuse. Peut-être avais-je fait le bon choix ?

Au gré de rendez-vous professionnels, je montre mon travail. Ce hors-série que j’ai adoré faire me sert en fait de book, malgré les centaines de papiers écrits pour la presse quotidienne régionale. Le papier glacé fait toujours son petit effet dans les yeux de mon interlocuteur, qui délaisse les coupures de papier journal TRES facilement… Je décroche comme ça ma deuxième collaboration, avec un magazine gastronomique lyonnais haut de gamme. Un rêve éveillé pour moi.

Multiplier les piges

Tout s’enchaîne ensuite. Cette deuxième collaboration va me mener à la troisième, la plus importante encore aujourd’hui. Lors d’un voyage de presse, je discute avec le rédacteur en chef de cet hebdomadaire parisien spécialisé dans le secteur CHR (Café, hôtels, restaurants), il a besoin de quelqu’un. J’ai besoin de quelqu’un. DEAL.

“The right place at the right time”

Je deviens réellement spécialisée dans tout ce qui touche à la cuisine : du producteur de fromages au grand chef étoilé. Encore aujourd’hui, en écrivant ses lignes, je me rends compte du chemin parcouru. Et qu’en fin de compte, malgré les doutes, le manque de confiance, j’ai réussi à amorcer les rouages de mon rêve.

Après ces piges régulières, je démarche encore. Car tous les freelance le savent, il ne faut pas compter sur un seul “client”, tout peut s’arrêter du jour au lendemain. La diversification, c’est la clé. Alors j’envoie des mails, avec mon CV, quelques lignes… Le magazine gastronomique gratuit de ma région retient ma candidature, je me retrouve à interviewer Anne-Sophie Pic. Par la même occasion, je suis intégrée dans l’équipe d’un tout nouveau magazine urbain gratuit. J’y tiens une rubrique “société”, où je m’éclate à écrire avec un ton léger. 1+1+1+1+1 = 4, car oui, le premier magazine a coulé entre temps… Ce qui a été fort dommageable pour moi, mais c’est une autre histoire…

Mais qu’à cela ne tienne, son concurrent direct m’appelle. Et je décroche d’autres piges. J’écris désormais pour deux autres rubriques : l’une sur le vin et les vignerons, l’autre sur les maisons d’hôtes de la région. Bonheur.

Ecrire pour le web : incontournable

Durant plusieurs mois, mon quotidien était rodé comme ça. Depuis quelques semaines, un reportage, cette fois, m’a amené à une autre collaboration, le contact étant bien passé durant notre rencontre. Une agence de voyage m’a proposée d’écrire pour le site internet. Le pied ! J’écris donc désormais pour le web, aussi. Sur des destinations de voyage, l’autre secteur de rêve dans lequel j’aimerais beaucoup travailler.

Quelques discussions et rendez-vous me donnent de l’espoir quant à de nouvelles pistes. Comme une suite de mailles d’une couverture bien tricotée. L’essentiel reste que tout s’enchaîne, en toute logique, sans se perdre, et en gardant son plan “de carrière” bien en tête… On a tous des rêves, non ? 😉

Pour résumer ce premier article sur mon quotidien de freelance, je dresserais trois points incontournables pour se lancer :

1 – Le faire par choix, ne pas subir

2 – Se baser sur ses passions, sur les sujets qu’on maîtrise et qui nous tiennent à coeur

3 – Avancer, saisir les opportunités, car une porte peut en ouvrir une autre. J’en suis la preuve vivante !

J’espère que cet article vous aura plu, car il est certainement le plus personnel que j’ai dû écrire sur ce blog depuis le début. D’ailleurs, je devrais bientôt poster un article “bilan” sur le blog… Et si vous voulez jeter un oeil sur mon blog pro Les Petits Papiers de Mathilde, c’est par ici ! Il n’est pas mis à jour depuis un bail mais vous aurez accès à quelques papiers que j’ai pu écrire. J’ai aussi une page Facebook sur laquelle je partage un peu de mon quotidien de pigiste. N’hésitez pas à me suivre 🙂

 

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6 Commentaires

  1. Merci pour ce petit rappel que je ne suis pas seule dans ce choix, mais qu’il ne faut pas non plus perdre ni l’espoir, ni l’envie 🙂

    1. Exactement ! Jamais perdre espoir, toujours avancer et y croire… 😉

  2. Superbe article, tu as vraiment du courage, je pense que faire le choix que tu as fait le terrifirait… ☺️ En tous cas tu as bien fait d’écrire un article sur le sujet, c’est enrichissant de lire le vécu d’autres qui font des choix très différent et qui prouvent que quand on a l’envie, on peut !
    Bises
    Stéphanie

    1. Merci Stéphanie pour ton retour très encourageant ! Ce n’était pas facile d’écrire sur le sujet, mais cela m’a permis de jeter un coup d’oeil dans le rétroviseur et me rendre compte qu’effectivement, j’avais parcouru du chemin tout de même 🙂 Je crois qu’il faut vraiment se donner les moyens de faire ce qui nous fait vibrer dans la vie… Je commence tout juste ! Et je ne compte pas m’arrêter là 🙂
      A bientôt,
      Bises,
      Mathilde

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