Billet d’humeur #2 – Parce qu’être freelance, c’est pas toujours rose

Une journée dans la peau d’une freelance

La journée commence pourtant bien. Ton réveil sonne à 7 heures et tu te paies le luxe de sombrer à nouveau comme une souche durant une demi-heure. C’est ta petite tête blonde qui vient t’extirper des bras de Morphée en criant de sa voix cristalline « Maman, faut se lever ! ». Tu souris, tu t’étires et tu te lèves au radar, mais heureuse.

Tu regardes l’horloge. Il te reste une demi-heure pour tout préparer avant d’aller prendre le bus et déposer ton petit bout à l’école. Alors tu optes pour l’option « je bois juste un thé ». Tu te cales devant la télé et son flot de dessins animés, Heidi et Pat Patrouille chez nous ont bonne presse en ce moment, et tu émerges tranquille. Et puis c’est là que tout bascule…

Tu essaies de faire avaler un truc à ton gosse qui sinon va partir le ventre vide en classe. Il se roule sur le canapé, manque de s’exploser la tête deux fois par terre et contre la table basse. Oui, tu as fait l’être le plus merveilleux au monde, croisé avec un acrobate du Cirque du soleil version j’ai bu des canons la veille. Tu capitules, il te rattrape en criant « si maman, je veux bien manger un yaourt ». Alors tu reviens, et tu t’occupes de faire enfin manger un truc à ton fils. Le bonheur de traverser cette période du « je teste les limites »…

Tu pars à la salle de bain, laissant Pat Patrouille veiller sur ta progéniture (bouuuuh bad mum !), pour tenter de sauver les apparences. Oui, ce matin, encore, tu as une tête de cul. Un coup de noir sous les yeux fera l’affaire. De toute façon, tu ne vois pas à quel moment tu peux te taper une tuto sur Youtube pour te faire un smoky eye de braise. Ce sera plutôt le coup du chien fatigué ce matin. La version beagle de quinze balais et des poussières prêt à crever.

D’abord maman, journaliste ensuite

Etape cruciale ensuite : l’habillage de l’enfant. Au bout de cinq minutes de roulades sur le canapé, de négociations tendues, de chantages au Père-Noël (mon Dieu qu’il va me haïr quand il apprendra qu’il n’existe pas…), c’est finalement ton mari qui arrive à entamer l’opération enfilage de slip et de chaussettes. Du coup, tu as le temps d’aller préparer le goûter de ton petit pour le mettre dans sa jolie boîte des Minions que tu mettras dans le cartable Pat Patrouille. C’était bien, oui. Jusqu’au pull. « Non, c’est Maman qui le met ! » Et vu que sur cette planète, les enfants ne dirigent pas le monde, et bien non, ce sera encore Papa mon chéri… Cris, hurlements… Le fameux caprice du gamin de 4 ans quoi. Mmmm, un efferalgan s’il vous plaît !

Bref, tu finis par réussir à partir à peu près à l’heure, choper le bus, déposer le petit bout à l’école. Faire un énorme bisou. Et savourer les premières vingt minutes de silence.

9 heures, tu te mets au boulot. Ben oui, t’es freelance mais t’as du taf. Trois textes de 6000 signes à écrire dans la journée. Ca devrait le faire mais faut pas chômer. Du coup tu te lances dans la rédaction avec un bon thé brûlant devant toi, le thé aux épices des 2 Marmottes, et quelques tartines de miel (enfin le petit déj !)

Processed with Snapseed.

Les heures passent, il est 14 heures. Tu n’as pas levé le nez de l’écran et du clavier. Tu continues, mais tu te mets Le Diable s’habille en Prada en fond sonore. Et puis finalement tu te fais une tartine de fromage frais et une pomme pour avoir un truc dans l’estomac. Bon OK, et un peu de chocolat… Tu réponds à des mails, passes des coups de fil, déclines à regret une invitation à un voyage de presse pour découvrir une capitale européenne que t’aurais adoré visiter… Mais tu t’es déjà engagée sur des reportages durant les dates du voyage. Du coup, tout tombe à l’eau. Tant pis. Tu te dis qu’il y en aura d’autres.

Essayer de rebondir les jours difficiles…

17 heures, t’as fini ton boulot. Alors t’es dans les temps pour aller chercher ton petit bout. Et là, tu fais un truc débile. Tu regardes tes comptes. Et là, horreur. Tu savais que t’aurais pas dû faire cette commande ASOS la semaine dernière, tu repenses au manteau que t’as acheté la veille pour mettre au chaud ton petit poussin qui grandit trop vite. Aucun de tes employeurs ne t’a encore payé. Et après un mois d’août plutôt léger question piges (ben oui, c’est l’été, moins de parutions tout ça…), tu te dis que le mois d’octobre va être sympa et riche en pâtes… T’as envie de pleurer, de trouver un CDI, un emploi stable, avec des vacances, des horaires, un salaire fixe, un treizième et même un quatorzième mois.

Et oui, c’est aussi ça la réalité de la vie de freelance.

Heureusement, tu finis par récupérer ton fils qui te raconte qu’il a fait du théâtre. Lui, ce clown né, s’est évidemment éclaté. Ca te réchauffe le coeur. C’est grâce à lui que tu remontes la pente. Tu rentres avec le coeur un peu plus léger, rempli d’amour pour cette miniature de toi qui j’espère ne traversera pas ce genre de galère. Mais toi tu l’as choisi ta galère, alors tu continues à marcher en balayant les feuilles mortes qui tombent sur ton passage en songeant à un avenir meilleur. Parce que merde, après tout, toi aussi tu mérites.

freelance
Processed with Snapseed.

Désolée, ce texte est moins optimiste que les autres, je me livre un peu plus. Mais je pense que partager les bons comme les mauvais moments peuvent toujours éclairer quelqu’un, quelque part… Merci de m’avoir lu, et n’hésitez pas à laisser un petit commentaire 🙂

Rendez-vous sur Hellocoton !

2 Commentaires

  1. Jolie partage de ton quotidien ;P tiens le coups, ça va passer comme on dit, viendra forcément un moment où tu trouveras ton équilibre dans ton statut freelance entre propositions et repos 😉
    Bisous

    1. Merci pour ton commentaire 🙂 Il y a des mois plus difficiles que d’autres ! Mais la liberté du statut de freelance est quand même géniale 🙂

Un petit mot ? C'est par ici !