Etre une femme en 2018

Etre une femme en 2018, ce n’est pas si facile… J’ai eu envie de regarder dans mon passé pour savoir exactement où je voulais aller cette année. Et je voulais aussi vous partager quelques écoutes / lectures pour celles qui s’intéressent à la question…

Je ne suis pas féministe. Du moins, je ne pensais pas l’être. J’ai toujours vécu avec cette notion précieuse qu’une femme pouvait réussir. Petite, je prenais soin d’agrandir mes rêves, de les rendre presque réels, palpables. J’étais une chef d’entreprise. Dans ma chambre rose poudrée et sa moquette bleu, je dirigeais un centre équestre version Poudlard, avec une vraie école à l’intérieur pour former les jeunes à devenir cavalier professionnel. Avec mes yeux d’enfant. Je voyais grand. Et j’aimais ça. Je faisais des plans d’architecte, des comptes d’apothicaire en me basant sur les catalogues de sellerie pour voir combien me coûterait l’équipement de mes poneys et chevaux imaginaires. Tous beaux. Tous des « cracks » comme on dit. C’était mon rêve de petite fille.

« Je vivais un peu dans le monde des Bisounours »

Je vivais un peu dans le monde des Bisounours, protégée par une maman aimante et dévouée à ses enfants. Je ne me doutais pas une seconde que pour réussir en tant que femme, il fallait se battre. S’armer de manière parfois absurde. C’est-à-dire avec des talons aiguilles plutôt que de chaussures plates, ou préférer une chemise légère et cintrée plutôt qu’un pull même quand il fait -10°C pour être prise au sérieux (oui, nous en sommes encore là en 2017, je l’ai vécu). Renforcer son bouclier pour éliminer les regards mauvais et les sales intentions. Et garder sa massue « réplique cinglante » à porter de main. Ou l’arme secrète ultime : l’ignorance. Je pense que chaque femme qui évolue dans le monde du travail saura exactement de quoi je parle…

« Ca te donne envie de montrer que t’es pas là que pour tes miches quand même »

Petite, je pouvais rêver, je pouvais faire ce que je voulais. Et puis très vite, j’ai ouvert les yeux. J’ai regardé la réalité en face. Mes chefs durant mes stages, mes CDD étaient à 90% des hommes. Je me souviens encore de ce rédac’ chef qui me surnommait dans mon dos « la stagiaire au gros seins ». C’est sympa. C’est valorisant. Ca te donne envie de montrer que t’es pas là que pour tes miches quand même… J’ai aussi eu la particularité d’être souvent assimilée à « la fille de ». Si j’étais là, c’était pas un hasard, il y avait forcément un piston quelque part dans le rouage. Pour ceux qui ne me connaissent pas, j’ai refusé clairement l’aide qu’on pouvait m’apporter, me laissant parfois traitée de « hara kiri ». Je voulais voler de mes propres ailes. Je me souviens encore avoir réussi à décrocher un stage assez sympa quand même en jouant les « suicidaires japonais ». Un tout petit stage chez M6, chez Paris Première exactement. De 6 mois. Où j’ai pu interviewer quelques célébrités avec fierté puisque je ne devais cette réussite qu’à moi-même.

Et puis j’ai enfin eu une chef. Une femme. Elle a été pour moi la supérieure qui a le plus compté. La seule femme qui m’ait vraiment encadré. Et pour rappel, j’ai fait 4 ou 5 périodes de stage dans la presse et la télévision, et des dizaines de CDD… C’est elle qui m’a donné confiance, m’a lancée, m’a poussée à me galvaniser. C’est elle qui m’a convaincu que j’avais choisi la bonne voie.

« J’ai de la chance de pouvoir partir »

Quand je suis devenue maman, j’ai vu une autre dimension de la femme. Celle qui se doit d’être douce à tout prix, serviable, disponible à 100% du temps pour ses enfants. Si vous ne l’êtes pas ? On vous juge ! Surtout ceux qui n’ont pas d’enfant d’ailleurs, et qui par conséquent, ne savent RIEN… Je dois souvent me déplacer pour mon travail. Et inlassablement, je sens les regards accusateurs et je lis même des paroles blessantes provenant de mes proches là-dessus… Je laisse mon fils à son père et c’est visiblement inconcevable pour plein de gens. Même au 21e siècle, une femme n’a donc pas le droit de vivre sa carrière et effectuer des déplacements comme n’importe quel homme, n’importe quel être humain. J’ai « de la chance de pouvoir partir », me dit-on. Et ça me fait bondir, à chaque fois. De la chance ? Pourquoi ? D’avoir un papa pour mon fils qui veuille bien s’en occuper quand je ne suis pas là ? De ne pas devoir demander la permission à quelqu’un ? En 2017, on en est encore là… La femme doit être au foyer avec son enfant. Point. Pas de fantaisie, même professionnelle. C’est suspect. C’est pas normal. Ca dérange. Et j’ai envie de lever le doigt contre ça. Je vous laisse deviner lequel…

L’ambition n’est pas un gros mot, même pour une femme

Mon rêve à moi ? Aller encore plus loin dans l’accomplissement de soi, de la femme que je suis. Parce que ce n’est pas un gros mot. Parce que les femmes ont elles aussi le droit d’avoir de l’ambition. De rêver gros, et pas seulement en jouant à la barbie à 7 ans dans une chambre de petite fille. On doit pouvoir avoir le droit d’être épanouie personnellement et professionnellement sans rendre de comptes aux esprits rétrogrades. De vivre la vie que l’on veut vraiment. Et c’est pour ça que je suis complètement admirative face aux nouvelles entrepreneuses qui osent. Elles ont compris que nous, les femmes, devons compter sur nous-mêmes. Seulement nous. Alors, entraidons-nous ! 

Je vous laisse quelques pistes d’inspiration 100% féminine et/ou féministe.

Mathilde Lacombe,

fondatrice de Joliebox, devenue Birchbox. J’ai dévoré son livre Une question d’équilibre, paru aux éditions First.

La Poudre,

podcast féministe assumé mené avec brio par Lauren Bastide, journaliste.

Génération XX,

podcast sur les femmes qui entreprennent, animé par Siham Jibril.

Les Confettis,

MOOC et webzine ultra inspirant 100% féminin où l’on montre l’audace, les idées, les passions et les réalisations de femmes géniales.

N’hésitez pas à me dire en commentaire ce que vous avez pensé de ce billet, et à me raconter, peut-être, votre expérience ou votre regard sur le féminime aujourd’hui 🙂

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4 Commentaires

  1. C’est tellement vrai. Tout pareil, je ne suis pas une féministe du tout, je ne suis pas pour ces femmes qui se croient obligées de se comporter en mec pour arriver et je voudrai pouvoir me dire que ces temps anciens sont loin derrière nous. Hélas … Il n’y a pas une journée où je me fais cette réflexion : « aurait-on eu la même question si j’avais été un homme? » A la banque pour un projet d’investissement : « Qu’en pense Monsieur? », au boulot lorsque je devais évoluer et que le poste comportait des déplacements pro : « il nous semble compliqué de te donner ce poste alors que tu as 3 enfants ! » Aïe, et chaque jour où l’école, le collège, le lycée appellent (je précise que nous avons volontairement mis mon num en second car je suis plus éloignée des établissements) : « on a préféré vous contacter, vous, car les papas sont moins disponibles ». Il reste du boulot pour que nos filles et nos petites filles n’aient pas à souffrir de cette différence. Je ne revendique pas une égalité au sens strict, ni de quotas ou autres moyens qui ne sont que des façades, juste la liberté d’entreprendre, de s’épanouir, de se réaliser et d’obtenir la confiance des décisionnaires à la hauteur des compétences et des qualités de l’individu qu’il porte ou non un soutien-gorge 😉
    Fille ou garçon, la vie doit être belle et les rêves doivent être accessibles.

    1. Merci ! En effet, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir… le changement doit se faire avant tout dans les mentalités ! Les rêves aussi grands soient-ils ne doivent pas être soumis au problème de genre.

  2. Merci Mathilde pour ce post.
    Effectivement, un poste à responsabilités en main depuis peu, je ne me suis jamais autant interrogée sur ces questions.
    Issue d’une famille latine, mon père est plutôt du genre à me dire de ne pas écouter « mes tripes, mon cœur et mon esprit » pour avancer. ça lui aurait plu de voir sa fille casée en temps et en heure, et dévouée à sa vie de famille et à son mari, comme ma mère a pu le faire.
    Pourtant, il reconnait que mon parcours « a été » beau… comme si c’était terminé, que maintenant, à 32 ans, il fallait que je pense enfin à me poser et surtout à rencontrer un géniteur pour mes enfants.
    Mais non, ce n’est pas mon choix et ce qui remue mes tripes c’est justement de montrer à la gente masculine (par réaction sans doute) qu’une femme n’est pas forcément vouée à enfanter, mais qu’elle est vouée – elle aussi – à s’épanouir, à s’accomplir par ce qu’elle a déjà dans le ventre, le cœur et l’esprit.

    1. Merci pour ton commentaire ! Je suis tellement d’accord… la pression sociale est dingue ! Courage et reste en accord avec toi-même. On nous bassine depuis petite avec le modèle de la famille, de la maman… mais en 2018, on a le choix de s’assumer en etant autre chose que la cristallisation de nos parents. Alors allons-y 🙂

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