Mes nuances de noir (billet d’humeur)

 

A lire avec ça dans les oreilles

Je ne suis qu’humaine, de lumières et de côtés plus sombres. Les uns comme les autres, je les garde parfois bien cachés, diffus derrière un sourire énigmatique, un regard noir, des grands yeux ouverts, un visage qui se tend et se détend au gré des événements extérieurs. Mais ce que j’ai à l’intérieur, j’en garde précieusement les codes et le secret.

Parfois, ce sont des mots qui sortent, sur mes lèvres ou sous mes doigts, pas toujours justes, comme un défaut d’accords à l’intérieur. Mes cordes se distendent, mes touches font de la résistance sur mon clavier. Mais ils sont toujours sincères. Quand j’aime je le dis. Quand je n’aime pas, je le dis aussi. Et mes yeux noirs ne me trahissent jamais.

c’est bien un dégradé de nuances de noir qui s’imbrique chez moi.

Parfois je me dis que j’ai un brin de bêtise, un grain de maîtrise qui m’empêche de rouler sans barrière, se foutant du jugement des autres. Ressembler à cette image d’Epinal que tu t’es fabriquée de toi en fonction de ce que ton entourage voulait bien penser de toi. La gentille petite fille, qui ne fait pas de bruit, qui ne dit pas un mot plus haut que l’autre. Qui dit oui, qui dit rien. Surtout quand elle souffre, surtout quand ça bouillonne au creux du ventre. Laisser les tempêtes dans ma tête.

J’ai bien voulu croire à cette version du moi gentil, bien sous tous rapports. Mais la vérité, et ceux qui me connaissent (très) bien le savent, c’est bien un dégradé de nuances de noir qui s’imbrique chez moi. Comme chez tout le monde. Certains choisissent de les afficher, de les porter, sur leurs bras, sur leur dos, sur leurs profils, sur leur gueule, dans leur manière de s’habiller, d’affronter le monde. D’autres les ignorent complètement. Et ils ont tord. Moi je les gratte sur du papier. L’encre virtuelle de mon ordinateur me sert d’exutoire, de refuge, de pansement magique. Mes nuances de noir alimentent mes écrits. C’est aussi pour cela que j’ai écrit un roman que j’espère publier un jour. C’est pour cela que j’écris ici aujourd’hui, sur mon blog. Pour extraire cette matière de ma tête.

Celles qui construisent nos victoires de demain

Mais quels que soient les événements un peu merdiques qui peuvent arriver, ces moments où tu te dis que tu fais quand même un paquet de conneries. Même à 35 ans. Même en étant maman. Que tes nuances de noirs, finalement, tu les assumes pas toujours. Puisque tu passes ton temps à te dire que c’est naze ce que tu fais. Mais elles ont besoin d’exister pleinement. Les moments de doute, de déprime, de remise en question, de peur, de pansage de blessures récentes ou anciennes, d’auto-torture mentale construisent aussi nos victoires de demain.

Mes nuances de noirs, elles se lisent. Dans mes mots, dans mes yeux, dans mes actes, passés et à venir. Que non, mes « erreurs » n’en sont pas. Elles sont le simple résultat de ces nuances de noir qui s’expriment. Alors quand j’ai entendu cette chanson de THE RACONTEURS (le groupe du chanteur des White Stripes, qui ont notamment écrit Seven Nation Army), j’ai eu cette immense respiration, ce grand soulagement, « putain mais c’est moi, c’est mon histoire aujourd’hui ! ». Ces cuivres qui jouent comme pour une entrée de Beyoncé à Coachella, ces paroles écorchées, cette batterie qui tape, cette guitare qui pleure, cette énergie pleine d’espoir. J’avais trouvé la bande originale de mes pensées actuelles. Je suis mes nuances de noir. Et ce n’est pas grave. Il y a tellement de manières d’agir, et on ne peut pas revenir dessus. Nos nuances de noirs nous servent à avancer, à créer, à aimer. A vivre.

Les paroles de Many shades of black de The Raconteurs

Go ahead, go ahead and smash it on the floor
Take whatever is left, and take it with you out the door
See if I cry
See if I shed a single sorry tear
Can’t say that it’s been that great
No in fact it’s been a wasted worried year
Everybody sees
And everyone agrees
That you and I are wrong
And it’s been that way to long
Take it as it comes
And be thankful when it’s done
There’s so many ways to act
And there’s many shades of black
There’s so many shades of black
Let it out, let it all out
Say what’s on your mind
You can kick and scream and shout and say things that are so unkind
Yeah-see if I care, see if I stand firm or if I fall
Cause in the back of my mind, and on the tip of my tongue
Is the answer to it all
Everybody sees
And everyone agrees
That you and I are wrong
And it’s been that way to long
Take it as it comes
And be thankful when it’s done
There’s so many ways to act
And there’s many shades of black
There’s so many shades of black
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